Sommaire

Copies d'élèves

Dissertations
Explications de textes

flèche Mieux que des corrigés, plus intéressant, d'authentiques copies d'élèves, un peu sélectionnées bien sûr, mais livrées à l'état brut, avec simple rectification de la ponctuation, correction de l'orthographe (et éventuellement ajout de fautes de frappe). Et publiées avec l'autorisation de leurs auteurs...

Dissertations

  1. N'y a-t-il aucune vérité dans le mensonge ?    (A.D.)
  2. Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?    Copie n°1 (Elise G.)
  3. Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?    Copie n°2 (Caroline J.)
  4. Peut-on perdre son temps ?    Copie n°1 (V. G.)
  5. Peut-on perdre son temps ?    Copie n° 2 (Anne-Sophie D.C.)
  6. Faut-il toujours enterrer le passé ?    Copie n°1 (Olivier C.)
  7. Faut-il enterrer le passé ?    Copie n° 2 (Tristan L.)
  8. Peut-on avoir une connaissance objective du passé ?     (Eléna B.)
  9. Peut-on avoir peur de soi-même ?     (Caroline J.)
10. Les règles de la logique limitent-elles la liberté de penser ?     (V.G.)
11. Douter, est-ce renoncer à la vérité ?    (Constance V.B.)
12. La raison humaine est-elle, par nature, conduite à supposer dans le monde plus d'ordre qu'elle n'en trouve ?      (Céline J.)
13. Est-on maître de ses désirs ?     (Perrine R.)
14. Le langage sert-il à exprimer la réalité ?     (A.G.)
15. Pourquoi ?     (Constance V.B.)
16. L'historien est-il homme de science ?    (Élodie C.)
17. Les mots cachent-ils les choses ?    (Florent C.)
18. Y a-t-il des vérités dont il n'est pas permis de douter ?    (Camille V.)
19. Peut-on ne pas savoir ce que l'on fait ?        (Garance P.)
20. Oublier, est-ce la condition de la vie humaine ?       (Cécile D.)
21. Est-il possible de ne croire en rien ?     (Sydney M.)
22. L'œuvre d'art peut-elle nous apprendre quelque chose ?     (Elodie C.)

Explications de textes

1. Platon, Le banquet

Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée :

       Sur ce point la nature mortelle suit encore le même principe, quand elle cherche, dans la mesure de ses moyens, à perpétuer son existence et à être immortelle. Or elle ne le peut qu’en engendrant, c’est-à-dire en laissant toujours un être nouveau qui prend la place de l’ancien. En effet, quand on déclare de chaque être vivant qu’il vit et qu’il est le même (par exemple, de l’enfance à la vieillesse, on dit qu’il reste le même), cet être en vérité n’a jamais en lui les mêmes choses et pourtant il est dit le même ; mais sans cesse il se renouvelle, tout en subissant certaines pertes dans ses cheveux, sa chair, ses os, son sang et tout son corps.

     Et cela n’est pas vrai seulement de son corps, mais aussi de son âme ; dispositions, caractères, opinions, désirs, plaisirs, chagrins, craintes, rien de tout cela n’est jamais le même dans chacun de nous ; il en est qui naissent, il en est qui meurent. Mais il y a beaucoup plus étrange encore ; non seulement certaines sciences naissent en nous tandis que d’autres disparaissent, et jusque dans le domaine des connaissances nous ne sommes jamais les mêmes, mais encore chaque connaissance en particulier subit le même sort. Car si l’on parle d’étudier, cela veut dire que la connaissance se retire de nous : l’oubli c’est en effet le départ, hors de nous, de la connaissance, et l’étude inversement, en créant un souvenir nouveau à la place de celui qui s’en va, conserve la connaissance, de façon qu’elle semble être la même. C’est ainsi que tout être mortel se conserve, non qu’il soit jamais exactement le même, comme l’être divin, mais du fait que ce qui se retire et vieillit laisse la place à un être neuf, qui ressemble à ce qu’il était lui-même. Voilà par quel moyen, Socrate, dit-elle, le mortel participe à l’immortalité, dans son corps et dans tout le reste.

(Explication par E.G.)

2. SARTRE, L'existentialisme est un humanisme

 Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée :

      L'existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n'existe pas, il y a au moins un être chez qui l'existence précède l'essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c'est l'homme ou, comme dit Heidegger, la réalité humaine. Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme, tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est seulement, non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu"il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence; l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme.

(Explication par C.E.)

3. SARTRE, L'existentialisme est un humanisme

Expliquez le texte suivant :
      L'existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n'existe pas, il y a au moins un être chez qui l'existence précède l'essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c'est l'homme ou, comme dit Heidegger, la réalité humaine. Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme, tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est seulement, non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu"il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence; l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme. C'est aussi ce qu'on appelle la subjectivité, et que l'on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l'homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ?

(Jean-Paul Sartre, "L'existentialisme est un humanisme"

La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rend compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

(Explication par Garance P.)

4. Guy de MAUPASSANT, Lettre d’un fou

Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée :

En effet, nos organes sont les seuls intermédiaires entre le monde extérieur et nous. C'est-à-dire que l'être intérieur, qui constitue le moi, se trouve en contact, au moyen de quelques filets nerveux, avec l'être extérieur qui constitue le monde.

Or, outre que cet être extérieur nous échappe par ses proportions, sa durée, ses propriétés innombrables et impénétrables, ses origines, son avenir ou ses fins, ses formes lointaines et ses manifestations infinies, nos organes ne nous fournissent encore sur la parcelle de lui que nous pouvons connaître que des renseignements aussi incertains que peu nombreux.

Incertains, parce que ce sont uniquement les propriétés de nos organes qui déterminent pour nous les propriétés apparentes de la matière.

Peu nombreux, parce que nos sens n'étant qu'au nombre de cinq, le champ de leurs investigations et la nature de leurs révélations se trouvent fort restreints.

(...)

Donc, si nous avions quelques organes de moins, nous ignorerions d'admirables et singulières choses, mais si nous avions quelques organes de plus, nous découvririons autour de nous une infinité d'autres choses nous ne soupçonnerons jamais faute de moyen de les constater.

Donc, nous nous trompons en jugeant le Connu, et nous sommes entourés d'inconnu inexploré.

Donc, tout est incertain et appréciable de manières différentes.

Tout est faux, tout est possible, tout est douteux.

Formulons cette certitude en nous servant du vieux dicton : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

Et disons : vérité dans notre organe, erreur à côté.

(Explication par Elise G.)

5. Guy de MAUPASSANT, Lettre d’un fou (autre découpe du texte précédent)

Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée :

L'humanité pourrait exister cependant sans l'oreille, sans le goût et l'odorat, c'est-à-dire sans aucune notion du bruit, de la saveur et de l'odeur.

Donc, si nous avions quelques organes de moins, nous ignorerions d'admirables et singulières choses, mais si nous avions quelques organes de plus, nous découvririons autour de nous une infinité d'autres choses nous ne soupçonnerons jamais faute de moyen de les constater.

Donc, nous nous trompons en jugeant le Connu, et nous sommes entourés d'inconnu inexploré.

Donc, tout est incertain et appréciable de manières différentes.

Tout est faux, tout est possible, tout est douteux.

Formulons cette certitude en nous servant du vieux dicton : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

Et disons : vérité dans notre organe, erreur à côté.

(Explication par Caroline J..)

6. Nietzsche, ( Sur la vérité et le mensonge)

Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée :

      Qu'est-ce qu'un mot ? La représentation sonore d'une excitation nerveuse dans les phonèmes. Mais conclure d’une excitation nerveuse à une cause extérieure à nous, c'est déjà le résultat d'une application fausse et injustifié du principe de raison. Comment aurions-nous le droit, si la vérité avait été seule déterminante dans la genèse du langage, et le point de vue de la certitude dans les désignations, comment aurions-nous donc le droit de dire : la pierre est dure : comme si « dure » nous était encore connu autrement et pas seulement dans une excitation toute subjective. Nous classons les choses selon les genres, nous désignons l’arbre comme masculin, la plante comme féminin : quelles transpositions arbitraires ! Combien nous sommes éloignés à tire-d’aile du canon de la certitude ! Nous parlons d'un serpent : la désignation n’atteint rien que le mouvement de torsion et pourrait donc convenir aussi au vers. Quelles délimitations arbitraires ! Quelles préférences partiales tantôt de telle propriété d'une chose, tantôt de telle autre. Comparées entre elles, les différentes langues montrent qu'on ne parvient jamais par les mot à la vérité, ni à une expression adéquate : sans cela il n’y aurait pas de si nombreuses langues.

(Explication par A. G.)

7. Nietzsche, ( Sur la vérité et le mensonge)

Expliquer le texte suivant. La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

      Pensons encore, en particulier, à la formation des concepts. Tout mot devient immédiatement concept par le fait qu'il ne doit pas servir justement pour l’expérience originale, unique, absolument individualisée, à laquelle il doit sa naissance, c'est‑à‑dire comme souvenir, mais qu'il doit servir en même temps pour des expériences innombrables, plus ou mois analogues, c'est‑à‑dire, à strictement parler, jamais identiques et ne doit donc convenir qu'à des cas différents. Tout concept naît de l’identification du non‑identique. Aussi certainement qu'une feuille n’est jamais tout à fait identique à une autre, aussi certainement le concept feuille a été formé grâce à l’abandon délibéré de ces différences individuelles, grâce à un oubli des caractéristiques, et il éveille alors la représentation, comme s’il y avait dans la nature, en dehors des feuilles, quelque chose qui serait «  la feuille », une sorte de forme originelle selon laquelle toutes les feuilles seraient tissées, dessinées, cernées, colorées, crêpées, peintes, mais par des mains malhabiles au point qu'aucun exemplaire n’aurait été réussi correctement et sûrement, comme la copie fidèle de la forme originelle. Nous appelons un homme « honnête » ; pourquoi a‑t‑il agi aujourd'hui si honnêtement ? demandons‑nous. Nous avons coutume de répondre : à cause de son honnêteté. L’honnêteté ! Cela signifie à nouveau : la feuille est la cause des feuilles. Nous ne savons absolument rien quant à une qualité essentielle qui s'appellerait « honnêteté », mais nous connaissons bien des actions nombreuses, individualisées, et par conséquent différentes, que nous posons comme identiques grâce à l'abandon du différent et désignons maintenant comme des actions honnêtes.

(Explication par Charlotte T.)